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Iran : c'est le plus grand pays attaqué depuis 1945

  • Photo du rédacteur: Jean Dominique Merchet
    Jean Dominique Merchet
  • 9 mars
  • 2 min de lecture

Grand comme trois fois la France, peuplé de 93 millions d'habitants : à la guerre, la "masse" géographique compte.



La guerre d'Iran n'en est qu'à son dixième jour et de nombreuses voix médiatiques s'impatientent déjà, évoquant l''enlisement... Comme à chaque conflit depuis 35 ans ! Avant de se prononcer sur l'issue de cette guerre, il convient d'en examiner les paramètres. Le plus important d'entre eux tient tout simplement à la géographie : l'Iran est un très gros morceau. Depuis 1945, aucun pays de cette taille n'a été attaqué directement - si l'on exclut la guerre Irak-Iran (1980-1988). Ni l'Irak, ni l'Afghanistan, ni la Libye, ni le Mali, ni la Syrie, ni le Vietnam, ni le Kosovo, ni l'Ukraine ne sont ou n'étaient aussi imposants. Que les choses ne règlent pas en dizaine de jours tient du bon sens.


Regardons quelques données. L'Iran couvre une superficie de 1,64 millions de km2 - soit trois fois la France. Par comparaison, l'Ukraine ne fait que 604 000 km2. Ce pays est immense : si l'on image que la pointe Nord-Ouest de l'Iran était à Paris, celle du Sud-Est serait à Istanbul ! A vol d'oiseau, la distance entre Israël et l'ouest de l'Iran est plus courte qu'entre l'Ouest et l'Est de l'Iran,


Sa population est de 93 millions d'habitants - quasiment trois fois plus que l'Arabie saoudite. Lorsque les Etats-Unis ont attaqué l'Irak en 2003, sa population dépassait à peine 25 millions - près de quatre fois moins. La capitale Téhéran est une agglomération d'une dizaine de millions d'habitants et d'environ 16 millions, au sens large de l'aire métropolitaine. C'est plus que Paris.


Même si l'on estime que le régime n'est plus soutenu que par 10 à 20 % de la population, cela représente au moins dix millions de personnes. Une masse de manoeuvre suffisante pour recruter des bras armés et avec laquelle il faudra compter.


L'Iran est enfin un pays très montagneux, ce qui signifie une population dispersée et des communications difficiles. Une partie du territoire (centre-Est) est désertique. Son littoral sur le Golfe et la mer d'Oman s'étend sur plus de 1700 km.


Voilà l'objet géographique que les forces israélo-américaines doivent traiter. Comme le disait Yves Lacoste, «la géographie, ca sert d'abord à faire la guerre»


Carte : ministère des Affaires étrangères




 
 
 

11 commentaires


Ronin.
19 mars

Il n'y aura pas d'enlisement, car pas de troupes au sol. A la limite un pays encore plus ruiné et encore plus au bord du chaos, avec les risques, terrorisme, éclatement, radicalisation encore plus grande, guerre civile, que cela implique, comme le triste précédent de la Lybie, et dont le régime risque fort de se maintenir néanmoins, comme avec la Serbie.

Si on arrive à voir assez bien le but de guerre des israéliens, affaiblir le plus possible l'Iran, en tant que pays, et en y semant le plus possible le chaos et la destruction de ses infrastructures et de ses structures d'organisation et de gouvernement (Sans doute en vain pour ce dernier point, on risque même d'amener encore plus…


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GD
19 mars
En réponse à

Une autre inconnue est la conséquence sur les relations israelo-americaines, car contrairement à la "promenade" de 2003 Washington n'en était cette fois pas l’idéateur.

Même si Trump se défendra jusqu'au bout d'avoir été manipulé par Netanyahou dans cette affaire, il n'est pas sûr que cela fasse illusion sur l'opinion publique américaine, surtout si ce sont in fine eux les grands perdants de cette nouvelle aventure, et que leurs adversaires en auront directement tiré profit.

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PA2
13 mars

C'est tout de même fou ce qu’oser critiquer un éléphant blanc à propulsion nucléaire vous rapporte comme nouveaux amis... 😏

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Jonas
12 mars

Merci monsieur Merchet,,l'OTAN à mis 72 jours ou

plus pour le Kosovo, et on demande en 12 jours que le pays des mollahs soit defait.Il Le sera car d'abord ses infrastructures seont detruites et le reste viendra ap rès.Sans nucleaire le pays des mollahs est dangereux ,il faut l 'imaginer avec le nucléaire. Entout cas ce sont des milliards qui sont partis en fumée pour les mollahs

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OPPERMANN
10 mars

Je suis tout à fait d’accord avec les commentaires, l’intervention de. JD.MERCHET est honteuse et la complaisance de D PUJADAS l’est tout autant.

Il a malheureusement son fauteuil attitré de commentateur et je trouve que sa contribution aux débats est de plus en plus faible.

Par contre j’apprécie les analyses toujours pertinentes de Gilles GRESSANI, qu’on peut contester mais qui font réfléchir.


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Invité
10 mars

L'intervention de Monsieur Merchet n'a rien apporté au débat. Monsieur Gressani ne pouvait même pas répondre face à cet argument car ses épithèses n'étaient pas de savoir si on était ou pas anti Trump. Monsieur Merchet n'a pas été à la hauteur

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invité
10 mars
En réponse à

Je partage votre opinion ça fait plusieurs émissions que "l'analyste" Merchet se contente de dresser les lauriers de Mr Trump, dont les interventions sont pour le moins plutôt discutables, et qui en plus se trompe lourdement sur les scénarios qu'il nous a annoncé depuis plusieurs semaines....une leçon d'humilité s'impose.

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