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Groenland, Otan : le piège se referme sur l'Europe

  • Photo du rédacteur: Jean Dominique Merchet
    Jean Dominique Merchet
  • il y a 5 jours
  • 2 min de lecture

La volonté de Trump d'annexer ce territoire pose un insoluble problème stratégique pour le Vieux Continent



Souvenons-nous de l'inquiétude qui régnait dans les capitales européennes il y a quelques mois à peine : Et si Trump lâchait l'Otan ? S'il décidait de passer l'article 5 par pertes et profits ? S'il retirait ses troupes et abandonnait l'Ukraine et l'Europe de l'Est face à la Russie ?


Personne n'avait alors songé au Groenland et à la volonté du président américain d'annexer ce territoire relevant de la souveraineté du Danemark - une vielle idée américaine. Nous y sommes pourtant. Et l'Europe est comme le lapin pris dans les phares de la voiture qui lui fonce dessus.


Cette affaire change la donne. Les Européens sont placés devant une alternative impossible : accepter de céder le Groenland ou rompre avec les Etats-Unis. Le choix d'en finir ou non avec l'Otan a changé de rive de l'Atlantique : ce n'est plus dans le Bureau Ovale que cela se décide mais en Europe.


Les Européens sont-ils prêts à une sérieuse fâcherie avec la Maison Blanche, qui offrira le prétexte à l'Administration Trump d'en finir avec l'Alliance ? Et même s'ils en avaient la volonté, en seraient-ils capables ? Il y a lieu d'en douter.


Quel dirigeant européen va prendre le risque de dire à son peuple : nous allons désormais assurer la défense de l'Europe contre la Russie (et d'autres potentiellement) sans les Etats-Unis, voire contre eux ? Pas dans un cinq ou dix ans, lorsque nous serons (éventuellement) prêts, mais dans trois ou six mois ?


Qu'on le veuille ou non, la défense de l'Europe est depuis plus de 75 ans intrinsèquement liée à l'engagement américain. L'Otan sans les Américains, cela n'existe pas plus que le système solaire sans le soleil... L'Allemagne, l'Italie, la Pologne accepteraient-elles de rompre avec Washington ? Et le Royaume-Uni - qui dépend des missiles américains pour sa dissuasion nucléaire ? Treize armées de l'air européennes sont (ou vont être) équipées de F35 - ce qui crée une dépendance technologique - et donc politique - vis-à-vis des Etats-Unis.


Même la France, de loin la plus autonome, est liée aux Etats-Unis. Comment fonctionnerait le Commandement de l'Espace en cas de rupture avec l'US Space Force ? Le DGSE et d'autres services de renseignement se passeront-ils des échanges avec la CIA ? Quid des catapultes du futur porte-avions ? De la maintenance des Hawkeye de la marine ou des drones Reaper de l'armée de l'air ?


Chacun mesure la gravité du moment. Il n'y a pas lieu de s'en réjouir, mais, une fois de plus, ne nous ne berçons pas d'illusions.










 
 
 

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