Emmanuel Macron engueule les industriels de la défense...
- Jean Dominique Merchet

- 15 janv.
- 2 min de lecture
Lors de ses voeux aux armées, le président de la République a eu des mots très fermes à l'égard de l'industrie française... sans prononcer le mot de SCAF.

Lors de la traditionnelle cérémonie des voeux aux armées du président de la République, qui se déroulait cette année sur la base aérienne d'Istres, le chef de l'Etat a tenu des propos très fermes à l'égard des industriels de la défense, qui témoignent de son agacement.
«Est-ce que nous sommes en économie en économie de guerre ? La réponse est non. Si nous étions en guerre, j'ose espérer que nous ne produirions pas ainsi», a-t-il déclaré, après avoir rappelé que «nous sommes en retard» dans les drones. L'économie de guerre, Emmanuel Macron l'appelait de ces voeux, dès le 13 juin 2022, lors de l'inauguration du salon de l'armement Eurosatory : il évoquait alors «une entrée dans une économie de guerre, dans laquelle nous allons durablement devoir nous organiser. » Trois ans et demi plus tard, nous n'y sommes donc pas. Et les industriels de rétorquer en arguant de l'absence de commandes publiques, alors que, pour la deuxième année de suite, le budget n'a pas été voté en temps et en heure...
S'adressant aux industriels, Emmanuel Macron leur «demande encore davantage. Nous avons besoin de produire plus vite, de produire en volume, de massifier encore davantage avec des systèmes plus légers et de façon innovante. On ne nous attend pas. Quant on a des délais de 5 à 7 ans pour des capacités nouvelles, c'est clair et net : on est en train de se faire sortir du marché.» «Vos clients d'hier sont vos compétiteurs d'aujourd'hui. Ils avancent à marche forcée, ils investissent. Il n'y a pas de marchés garantis, pas de chasses gardées».
«Pour les armées françaises, j'ai besoin d'une industrie de défense qui s'adapte davantage, qui regarde la concurrence de manière plus lucide », a-t-il ajouté. [Au passage, notons le «j'ai besoin» plus que le «nous avons besoin» ] D'une industrie de défense «qui ne considère plus que les armées françaises sont des clients captifs parce que nous irons peut-être chercher des solutions européennes si elles sont plus rapides et plus efficaces», a t-il poursuivi, avant d'assurer qu'il fallait être «plus européen dans nos propres achats et dans notre stratégie industrielle».
Alors qu'il était sur une base de l'armée de l'air, devant un Rafale équipé de ses bombes, le président de la République n'a pas parlé du SCAF, le grand programme franco-hispano-allemand d'avion de combat du futur. On sait pourtant Emmanuel Macron très attaché à ce projet lancé lors de son arrivée à l'Elysée en 2017. Un signe de plus que le SCAF n'est pas en très bonne forme...


Est-il bien raisonnable d'accepter encore de se preter a ce pseudo-debat sur une soi-disant "economie de guerre", simple element de langage sorti du chapeau du Premier Geostratege de France pour faire oublier son aveuglement a Versailles puis en 2022 ?
La "Flat Tax" pese a elle seule (en comptant les pertes de cotisations induites) autant qu'un second budget de la Defense - sans aucune contrepartie et en pure perte pour le pays.
Les "reformes" de 2017-2018 ont atteint leur rythme de croisiere et coutent desormais aux finances publiques entre 150 et 200 MdEur par an. Bien sur, un redressement du pays imposerait de les redistribuer entre tous les autres services publics maltraites depuis plusieurs decennies, et pas seulement au MinArm.
Oui pour discuter avions, mais ce sont des drones qu'il faut
C'est la faute aux industriels, évidemment.
Qui d'autre sinon ?
Et nullement l'absence de commandes supplémentaires, évidemment.
Pour "produire plus vite" encore faudrait-il qu'il y est des commandes en effet...
Décidemment notre grand irresponsable (Rappelons que légalement notre président est irresponsable.) a encore frappé : "C'est la faute des autres", comme d'habitude.
Cela en serait presque risible, si cela en devenait de plus en plus navrant.
Cela c'est sûr, qu'on est en train de se faire sortir du marché, tout particulièrement en matière d'équipements terrestres.
Et que de blabla encore, de grandes déclarations, déconnectées, entre dénis et grandes illusions (Les deux tiers du renseignement ukrainiens sont français, par exemple. ...).
(Heureusement plus que seize mois, y compris pour nos armées…
Une économie de guerre, c'est :
un budget de la guerre d'au moins 10 % du PIB, soit 300 mds € (et pas 2 % comme le prévoit l'actuelle LPM)
... les bons de commande aux industriels qui vont avec le budget
l’État qui fait sauter toutes les normes anti-guerre : normes sociales (durée du travail, travail de nuit et le WE, etc.), normes environnementales et procédures administratives (autorisations de créer une usine de poudres et munitions en 1 semaine et pas en 2 ans, etc.)
l'état qui organise la main d’œuvre en affectant techniciens et ingénieurs en priorité à l'industrie de guerre
les industriels de l'armement qui deviennent prioritaires pour l'accès à l'énergie (électricité, pétrole, gaz) à des tarifs…